Au sujet de Shannen Koostachin

Shannen Koostachin de la Première nation d'Attawapiskat a dirigé la Campagne de l’école d’Attawapiskat, un mouvement visant à permettre aux enfants des Premières nations de fréquenter des écoles « sûres et confortables » et de recevoir un enseignement de qualité fondé sur leur culture.

Shannen savait d’expérience qu’il est difficile d’apprendre lorsqu’on fréquente une école sous-financée d’une réserve. La seule école élémentaire d’Attawapiskat, qui accueillait 400 écoliers, a été fermée, car elle se trouvait sur un terrain contaminé par des milliers de gallons de diesel. Le gouvernement fédéral a donc érigé des installations temporaires sur le terrain de jeu de cet établissement en attendant qu’une nouvelle bâtisse soit construite. Neuf ans plus tard, il n’y a toujours pas de nouvelle école.

Shannen n’a jamais fréquenté de véritable école. Au fil du temps, l’état des installations mobile s’est dégradé : le système de chauffage cessait souvent de fonctionner, les enfants devaient sortir dans le froid pour changer de classe et les portes ne fermaient plus correctement. Les enfants de sa réserve ont donc lancé la Campagne de l’école d’Attawapiskat afin de prendre contact avec les enfants non autochtones des quatre coins du pays et leur demander d’écrire au gouvernement fédéral pour qu’il finance la construction d’une nouvelle école à Attawapiskat.

Des milliers d’enfants ont répondu à l’appel, et trois ministres des Affaires indiennes ont promis de financer la construction d’une nouvelle école pour ensuite revenir sur leur parole. Les enfants ont donc continué à écrire. Quand le ministre des Affaires indiennes, Chuck Strahl, leur a écrit en 2008 pour leur faire savoir qu’ils ne pouvaient pas financer une nouvelle école, les élèves de 8e années ont annulé leur voyage de fin d’année à Niagara Falls et ont remis les fonds à trois jeunes, dont Shannen, pour qu’ils puissent rencontrer le ministre et lui demander de financer la construction d’une nouvelle école.

M. Strahl a indiqué que le gouvernement n’avait pas les moyens de financer la construction d’une nouvelle école. Shannen ne l’a pas cru et a dit au ministre qu’elle ne baisserait jamais les bras parce que les enfants de sa communauté méritaient une véritable école. Elle a tenu sa parole. Shannen a discuté avec des milliers de personnes leur demandant de l’aider pour que tous les enfants puissent recevoir un enseignement de qualité et fréquenter une école confortable. C’était une oratrice inspirante, parce qu’elle parlait avec son cœur. En 2009, à l’Université de Toronto, elle a prononcé un discours enflammé lors d’une conférence sur le droit à l’éducation organisée par les enfants d’Attawapiskat, à laquelle 500 autres enfants ont participé.

Le leadership de Shannen était remarquable et elle a été en lice, à titre d’ambassadrice de tous les enfants d’Attawapiskat, pour le Prix international de la paix pour les enfants remis par les lauréats du prix Nobel. En 2009, M. Sthral a promis une nouvelle école aux enfants d’Attawapiskat.

En mai 2010, Shannen Koostachin est décédée dans un accident d’automobile. Grâce au soutien de sa famille, de ses amis et de sa communauté, son rêve est devenu une campagne, qui porte son nom, afin que tous les enfants des Premières nations de l’ensemble du pays puissent fréquenter des écoles « sûres et confortables » et recevoir un enseignement de bonne qualité qui les rend fiers d’eux-mêmes.

Le rêve de Shannen sur Facebook